Le pilote et le copilote en garde à vue
Samedi soir, le pilote et le copilote, l’un en état de choc et l’autre blessé au niveau du thorax, ont été hospitalisés. Dimanche, ils ont été placés en garde à vue pour être auditionnés par la compagnie de gendarmerie de Gassin-Saint-Tropez. Les deux hommes sont des pilotes expérimentés qui pratiquent le sport automobile depuis une quinzaine d’années. Le véhicule était neuf. Toutes les pistes vont être exploitées par les enquêteurs : une erreur humaine – le copilote a mal lu le road-book ou le pilote a commis une erreur de conduite – ou une défaillance technique. La procureure de la république a saisi des experts pour effectuer des analyses poussées. Des tests d’alcoolémie et de toxicologie ont d’ores et déjà été pratiqués.
Le carrefour où tout a basculé
A un carrefour de la piste alors qu’elle doit tourner à droite, la voiture n°63 prend à gauche et fonce sur les spectateurs. "La voiture est partie droit sur la foule, a percuté une première rangée de spectateurs avant de décoller et de faucher d'autres personnes, qui se trouvaient plus loin", a raconté un témoin à Var Matin. Il était environ 16h30. Un spectateur de 20 ans et un commissaire de course sont fauchés et n’ont pas survécu. La course a été immédiatement interrompue et les sapeurs-pompiers du Var sont intervenus rapidement sur les lieux du drame. Des photos et des films amateurs des spectateurs sont entre les mains des enquêteurs qui doivent déterminer les circonstances du drame.
Un parcours pourtant sécurisé
Selon toute vraisemblance, la sécurité du site n’est pas à remettre en cause. Le rallye régional des Maures a, selon le préfet du Var, reçu « l’avis favorable » de toutes les administrations concernées. L'organisation du rallye est passée au crible par les enquêteurs par rapport au placement des panneaux et balises et l’organisation des repérages. En effet, les zones interdites au public sont normalement délimitées et signalées par des panneaux. Mais l’imprudence de certains spectateurs reste difficile à maîtriser par les organisateurs. D’ailleurs ce n’est pas la première fois qu’un tel incident se produit. Le 28 avril dernier, un spectateur de 65 ans, qui se trouvait dans une zone interdite au public, a été fauché par une voiture lors du rallye national de Lozère et est décédé. Le 12 novembre dernier, le même incident s’est produit au rallye de la Vallée de l’Ognon, en Haute-Saône, tuant un jeune homme de 19 ans.
« Tous touchés par ce qui s’est passé »
Suite au drame de Samedi dans le Var, cinq blessés sont actuellement dans un état « d’urgence absolue » et leur pronostic vital est engagé. Parmi eux se trouvent deux mineurs de 12 et 17 ans. Quinze blessés, dont un garçon de 9 ans, étaient encore dimanche dans un état stationnaire, en « urgence relative ». L’émotion est encore palpable à Plan-de-la-Tour. Pour Pierre Barras, membre du comité d’organisation du rallye, l’erreur de trajectoire est la vraie raison du drame : «Le pilote de la voiture n°63 est arrivé au taquet au carrefour où il aurait dû tourner à droite. Les spectateurs se trouvaient dans une zone publique, validée comme telle par les autorités. La voiture a tapé violemment dans le mur de pierre sur lequel se trouvaient les spectateurs. Je comprends la colère de certaines personnes mais aller jusqu’à traiter les organisateurs d’assassins… Nous sommes tous très touchés par ce qui s’est passé.» Les résultats des expertises, notamment celle du véhicule, sont attendus aujourd’hui. Selon le témoignage du pilote, ce sont les freins qui ont lâchés. Reste à démêler le vrai du faux.

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