En endurance, on pensait que le championnat du monde renaissant serait l'occasion de voir se poursuivre le somptueux affrontement entre les Allemands d'Audi et les Français de Peugeot. Il n'en sera rien. Les Bleus viennent de déclarer forfait avant même les premières escarmouches. Ce seront les Japonais de Toyota, Honda et bientôt Nissan qui tenteront d'ébrécher la défense teutonne.
Peugeot a décidé de ne plus être le principal rival d'Audi en championnat du monde d'endurance. Le Lion laisse donc la marque allemande seule face à l'offensive nipponne qui s'annonce. Toyota présente son modèle à la fin du mois à la presse. Nissan peaufine ses armes et se voit déjà en héritier de Mazda tandis que Honda discrètement mais sûrement monte en puissance avec, à chaque échelon de son implication, un modèle ultra performant. Il y a fort à parier que 2012 soit l'année de tous les succès pour Audi tandis que les cousins de Porsche fourbissent leurs armes et leur hybride. Et si c'était cette impressionnante montée en puissance qui avait effrayé les patrons de Sochaux ?
Olivier Quesnel venait d'être confirmé dans ses fonctions, Montagny, Davidson, Bourdais ou Sarazin avaient déjà moulé leurs baquets 2012 quand, la rumeur, jusqu'ici interrogation discrète, se fit véritable bombe atomique. Un communiqué tomba. Laconique, terrible, assassin.
''Après 14 victoires lors des 16 dernières courses, dont un doublé aux 24 h du Mans 2009 dans le cadre du championnat ILMC remporté par Peugeot deux années consécutives en 2010 et en 2011, la marque a décidé d'arrêter son programme d'endurance 2012 et ne participera pas aux prochaines 24 Heures du Mans.
Cette décision s'inscrit dans le contexte d'un environnement économique tendu en Europe et d'une année particulièrement dense en lancement de nouveaux véhicules pour la Marque. Dans ce contexte, Peugeot fait le choix de concentrer les moyens en 2012 sur sa performance commerciale et en particulier sur la réussite des lancements de 208, 3008 HYbrid4, 508 RXH, 508 HYbrid4 et 4008 qui viendront nourrir la stratégie de montée en gamme et de globalisation de la marque.
Conformément à sa responsabilité sociale et dans le cadre de l'accord sur la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences signé par 5 organisations syndicales, le Groupe proposera un reclassement à l'ensemble des salariés concernés grâce à un dispositif spécifique mis en place pour piloter et animer les formations-reconversions et les mobilités internes.''
Pour pas mal de monde, ce communiqué restera comme l'émanation d'une des plus stupides décisions jamais prises par un constructeur. Il y avait moyen de faire bien autrement. La piste des écuries privées n'est même pas évoquée. On sait pourtant que pas mal d'entre elles, à commencer par Pescarolo, Oak ou d'autres, auraient été ravies de faire rouler une 908. Mais visiblement seule Oreca aurait eu les faveurs du staff de Peugeot. Les Varois sont passés à l'ennemi japonais puisque Hugues de Chaunac et ses collaborateurs auront en charge une partie du développement de la LMP1 de Toyota.
Pourtant, les investissements sont d'ores et déjà réalisés, les voitures existent, l'infrastructure aussi.
Globalement, le budget développement n'est pas le plus lourd pour un constructeur puisque bon nombre de postes budgétaires peuvent être réimputés dans le budget de recherche globale de la marque. Mais Peugeot nous a habitués aux cafouillages malgré un outil des plus performants. On se souvient de la gestion catastrophique des pneumatiques il y a quatre ans. De l'énorme bourde méthodologique il y a deux ans avec cette explosion de moteurs dûe à des pièces non validées. Personne ne peut contester l'erreur tactique de l'an dernier qui vit l'unique Audi rescapée l'emporter alors que personne chez Peugeot n'eut l'expérience mancelle pour aller contraindre Tréluyer et ses collègues à hausser le rythme. Au contraire, on assista à une étonnante prise de position puisque le gentil (trop ?) Pedro Lamy fut ''viré'' sans doute par ses deux équipiers qui terminèrent à deux une empoignade qui aurait justifié son renfort lors des relais de nuit.
Peugeot a décidé de ne plus être le principal rival d'Audi en championnat du monde d'endurance. Le Lion laisse donc la marque allemande seule face à l'offensive nipponne qui s'annonce. Toyota présente son modèle à la fin du mois à la presse. Nissan peaufine ses armes et se voit déjà en héritier de Mazda tandis que Honda discrètement mais sûrement monte en puissance avec, à chaque échelon de son implication, un modèle ultra performant. Il y a fort à parier que 2012 soit l'année de tous les succès pour Audi tandis que les cousins de Porsche fourbissent leurs armes et leur hybride. Et si c'était cette impressionnante montée en puissance qui avait effrayé les patrons de Sochaux ?
Olivier Quesnel venait d'être confirmé dans ses fonctions, Montagny, Davidson, Bourdais ou Sarazin avaient déjà moulé leurs baquets 2012 quand, la rumeur, jusqu'ici interrogation discrète, se fit véritable bombe atomique. Un communiqué tomba. Laconique, terrible, assassin.
''Après 14 victoires lors des 16 dernières courses, dont un doublé aux 24 h du Mans 2009 dans le cadre du championnat ILMC remporté par Peugeot deux années consécutives en 2010 et en 2011, la marque a décidé d'arrêter son programme d'endurance 2012 et ne participera pas aux prochaines 24 Heures du Mans.
Cette décision s'inscrit dans le contexte d'un environnement économique tendu en Europe et d'une année particulièrement dense en lancement de nouveaux véhicules pour la Marque. Dans ce contexte, Peugeot fait le choix de concentrer les moyens en 2012 sur sa performance commerciale et en particulier sur la réussite des lancements de 208, 3008 HYbrid4, 508 RXH, 508 HYbrid4 et 4008 qui viendront nourrir la stratégie de montée en gamme et de globalisation de la marque.
Conformément à sa responsabilité sociale et dans le cadre de l'accord sur la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences signé par 5 organisations syndicales, le Groupe proposera un reclassement à l'ensemble des salariés concernés grâce à un dispositif spécifique mis en place pour piloter et animer les formations-reconversions et les mobilités internes.''
Pour pas mal de monde, ce communiqué restera comme l'émanation d'une des plus stupides décisions jamais prises par un constructeur. Il y avait moyen de faire bien autrement. La piste des écuries privées n'est même pas évoquée. On sait pourtant que pas mal d'entre elles, à commencer par Pescarolo, Oak ou d'autres, auraient été ravies de faire rouler une 908. Mais visiblement seule Oreca aurait eu les faveurs du staff de Peugeot. Les Varois sont passés à l'ennemi japonais puisque Hugues de Chaunac et ses collaborateurs auront en charge une partie du développement de la LMP1 de Toyota.
Pourtant, les investissements sont d'ores et déjà réalisés, les voitures existent, l'infrastructure aussi.
Globalement, le budget développement n'est pas le plus lourd pour un constructeur puisque bon nombre de postes budgétaires peuvent être réimputés dans le budget de recherche globale de la marque. Mais Peugeot nous a habitués aux cafouillages malgré un outil des plus performants. On se souvient de la gestion catastrophique des pneumatiques il y a quatre ans. De l'énorme bourde méthodologique il y a deux ans avec cette explosion de moteurs dûe à des pièces non validées. Personne ne peut contester l'erreur tactique de l'an dernier qui vit l'unique Audi rescapée l'emporter alors que personne chez Peugeot n'eut l'expérience mancelle pour aller contraindre Tréluyer et ses collègues à hausser le rythme. Au contraire, on assista à une étonnante prise de position puisque le gentil (trop ?) Pedro Lamy fut ''viré'' sans doute par ses deux équipiers qui terminèrent à deux une empoignade qui aurait justifié son renfort lors des relais de nuit.
Petit retard technique, grande conséquence sportive
Cet abandon ne démontre en fait qu'une chose : c'est que le travail sur la 908 Hybrid n'a pu être achevé. Devant le redoutable potentiel de l'Audi qui a beaucoup travaillé sur le concept, sans doute en utilisant quelques éléments de Porsche, devant la nouvelle réglementation qui permettra à Toyota de suivre le rythme imposé par les Audi Boys, devant la menace lointaine mais préoccupante de l'arrivée des Porsche de Zuffenhausen, les patrons de Peugeot ont senti le vent du boulet.
Et puis, vieux réflexe sans doute dicté par une éducation très ''puritaine'' de la famille Peugeot, la compétition automobile est un peu marquée du sceau de l'infamie désormais. L'image de l'Audi de McNish et celles de l'impact de Rockenfeller a dû hanter l'inconscient familial de Sochaux. Pas question d'unifier le logo lionesque à des crashs repris en boucle sur tous les écrans du monde.
Alors exit les belles flèches bleues. Encore une fois, un constructeur français ne relève pas le challenge proposé par l'industrie allemande et japonaise. Sans doute préoccupés par un terrible plan social à venir, les patrons de Peugeot ont aussi et surtout craint d'affronter la vindicte des organisations de salariés qui contrairement à eux, ont toujours eu à coeur de défendre leurs couleurs au plus haut niveau sportif. Les ''écolos'' ne sont pas encore majoritaires dans les sections des syndicats de l'automobile.
Lorsque la question du pourquoi de leurs succès leur est posée, les dirigeants de VW, (et donc d'Audi) répondent simplement : ''parce nous avons à la tête et dans les rouages importants des amoureux du produit. ''. C'est en effet à cette seule condition que toute une entreprise fonctionne lors des rudes combats à mener. Qu'ils soient sportifs ou économiques.
C'est ce que n'ont pas compris les industriels français qui, trop souvent réagissent en gestionnaires bien trop comptables et qui ne comprennent pas grand chose à la fabrication d'image de marque efficace. Demandez aux actionnaires de VW, très bénéficiaires à l'heure des véritables bilans.
Pour avoir voulu sans doute ne pas froisser ce qu'ils considèrent comme la morale, dans la précipitation, les patrons de Sochaux ont raté le coche. Mais que les heures doivent s'annoncer sombres pour le Lion !
Cet abandon ne démontre en fait qu'une chose : c'est que le travail sur la 908 Hybrid n'a pu être achevé. Devant le redoutable potentiel de l'Audi qui a beaucoup travaillé sur le concept, sans doute en utilisant quelques éléments de Porsche, devant la nouvelle réglementation qui permettra à Toyota de suivre le rythme imposé par les Audi Boys, devant la menace lointaine mais préoccupante de l'arrivée des Porsche de Zuffenhausen, les patrons de Peugeot ont senti le vent du boulet.
Et puis, vieux réflexe sans doute dicté par une éducation très ''puritaine'' de la famille Peugeot, la compétition automobile est un peu marquée du sceau de l'infamie désormais. L'image de l'Audi de McNish et celles de l'impact de Rockenfeller a dû hanter l'inconscient familial de Sochaux. Pas question d'unifier le logo lionesque à des crashs repris en boucle sur tous les écrans du monde.
Alors exit les belles flèches bleues. Encore une fois, un constructeur français ne relève pas le challenge proposé par l'industrie allemande et japonaise. Sans doute préoccupés par un terrible plan social à venir, les patrons de Peugeot ont aussi et surtout craint d'affronter la vindicte des organisations de salariés qui contrairement à eux, ont toujours eu à coeur de défendre leurs couleurs au plus haut niveau sportif. Les ''écolos'' ne sont pas encore majoritaires dans les sections des syndicats de l'automobile.
Lorsque la question du pourquoi de leurs succès leur est posée, les dirigeants de VW, (et donc d'Audi) répondent simplement : ''parce nous avons à la tête et dans les rouages importants des amoureux du produit. ''. C'est en effet à cette seule condition que toute une entreprise fonctionne lors des rudes combats à mener. Qu'ils soient sportifs ou économiques.
C'est ce que n'ont pas compris les industriels français qui, trop souvent réagissent en gestionnaires bien trop comptables et qui ne comprennent pas grand chose à la fabrication d'image de marque efficace. Demandez aux actionnaires de VW, très bénéficiaires à l'heure des véritables bilans.
Pour avoir voulu sans doute ne pas froisser ce qu'ils considèrent comme la morale, dans la précipitation, les patrons de Sochaux ont raté le coche. Mais que les heures doivent s'annoncer sombres pour le Lion !
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